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Le 3 novembre 2009 à 12:30
Rubriques :
La belle histoire
"T'as pas bonne mine !"
Détournement de mineurs
« T'as
pas bonne mine ! »
A la suite de la visite
de Jean de Lipkowski (Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères)
au Guest-House de Gabiro - dont Amafieri assumait la direction - le
Ministère de la Coopération décida généreusement de moderniser
et d'agrandir cet hôtel du parc de l'Akagera.
Les travaux commencèrent début 1974, l'établissement fut fermé et ... Amafieri perdit son emploi.
Vive la France ... ! : : le premier hôtel qu'il dirigea, au Rwanda (l'hôtel Kiyovu), fut rétrocédé par la France au gouvernement rwandais, qui le remplaça aussitôt par un fonctionnaire et le second fut fermé, par pour rénovation, financée par... la France ...
C'est ainsi qu'il se retrouva à nouveau hébergé, avec sa femme et leur petite fille, chez ses beaux-parents. Retrouver un emploi, correspondant à ses compétences et besoins, n'est pas chose aisée.
Un soir, son beau-père lui annonça qu'il avait rencontré de directeur général de la nouvelle Société Minière du Rwanda, qui venait de se constituer et qu'Amafieri avait rendez-vous le soir même, à 20 heures, chez une relation commune.
Amafieri ignorait tout de ce directeur général,de son entreprise, de ses besoins. Aussi, ce n'est pas sans appréhension qu'en polissant les différentes argumentations - qu'il adapterait aux circonstances - il rencontra ce possible futur employeur.
Immédiatement, le « courant passa » entre le jeune « «ingénieur directeur commercial » et cet ingénieur des mines, bel homme dans la cinquantaine, aux cheveux blancs, simple, clair et concis dans son discours. Il venait d'accepter la direction d'une entreprise minière, créée par la volonté de l'état Rwandais, par la fusion de 7 entreprises minières privées (appelées « colons miniers), installées de longue date dans le pays. Chacune de ces entités avait sa propre direction, sa propre gestion administrative, financière et commerciale, ses habitudes, sa « culture ». Et chacune tenait à ses prérogatives !
Et lui devait, le plus rapidement possible, fusionner ces disparités, parfois énormes, en une seule entreprise, crédible, performante et pérenne.
Il avait besoin d'un responsable des approvisionnements, capable de standardiser, de normaliser les équipements, matériels, marchandises hétérogènes utilisés par ces 7 entreprises, ainsi que leurs procédures d'achats, de transport et de magasinage. Il précisa qu'en outre, chacune était convaincue d'utiliser les meilleures méthodes, de disposer des moyens les plus efficaces.
Amafieri proposa une approche diplomatique de la résolution de ces discordances, qui plut à son interlocuteur et l'affaire fut conclue : rendez-vous fut pris pour le lendemain, à 08 heures, au siège de la SOMIRWA, pour l'élaboration du contrat, avec le directeur juridique, sa signature et la prise immédiate de fonctions.
Pour célébrer cet accord, leur hôte disposa devant chacun une bouteille de whisky Johnny Walker Black Label, une assiette de charcuteries et de fromages, en leur enjoignant de ne quitter les lieux qu'une fois les unes et les autres vides. C'est ainsi qu'ils se quittèrent vers 1 heure du matin, bourrés comme un équipage de chalutier en bordée dans le port d'Amsterdam ...
Les traitements qu'imposa à Amafieri son beau-père, pour évacuer les effets de l'alcool, conjugués à ceux des victuailles, sont innommables. Mais les toilettes s'en souviennent...
Amafieri pu dormir quelques heures et c'est plus ou moins frais et dispos qu'il se présenta au siège de la SOMIRWA.
Sa secrétaire informée de sa probable venue, le D.G. l'invitait à rejoindre son appartement, au 2ème étage de l'immeuble. Il l'y attendait, en peignoir, non rasé, les cheveux hirsutes et la mine renfrognée.
Il détailla Amafieri de la tête aux pieds, un grand sourire illumina son visage et l'entraînant sur la terrasse, sur laquelle une table était dressée avec un plantureux petit-déjeuner pour 3 personnes, il appela : « tu peux venir, chérie, je crois qu'il fera l'affaire, ce petit jeune ! ».
Une très belle et élégante dame arriva, scruta Amafieri et, avec un sourire malicieux, dit à son mari : » t'as pas bonne mine, à présent, tu peux tenter de te donner un air présentable. En t'attendant, je ferai la conversation avec ce charmant jeune homme »
(à suivre)
Angeline58 dit :
J'ai pris plaisir à lire ton récit . J'attends la suite ......
posté il y a 132 semaine