GALLIA, poète, écrivain, femme d'émotion

Le blog de Gallia
Nombre de visiteurs en ligne : 2
Nombre total de lecture : 13877
Nombre de fans : A venir

Connexion des membres

  Se souvenir de moi


"Une bonne nuit et il n'y paraîtra plus"


Le 10 octobre 2009 à 10:45


Ma vie ne fut pas « un long fleuve tranquille ».

J’ai puisé dans les livres la force d’affronter les nuits sans sommeil, la douleur trop présente, celle du corps mais aussi celle que génèrent « les bleus à l’âme »



La poésie a toujours sublimé ma vie, j’ai trouvé chez les poètes la résonnance à mon vécu, j’ai pleuré sur leurs larmes, vibré sur leurs émotions et composé moi aussi quelques poèmes-tranches de vie.

Certains m’ont davantage marquée que d’autres…

Il y a le sublime Brel, dont les paroles des chansons sont des témoignages de colère, d’amour, de révolte, d’espoir et parfois de désespérance.

« Le soleil qui se lève

Et caresse les toits

Et c’est Paris le jour

La seine qui se promène

Et me guide du doigt

Et c’est Paris toujours

Et mon cœur qui s’arrête

Sur ton cœur qui sourit

Et c’est Paris bonjour

Et ta main dans ma main

Qui me dit déjà oui

Et c’est Paris l’amour

Le premier rendez-vous

A l’île Saint Louis

C’est Paris qui commence

Et le premier baiser

Volé aux Tuileries

Et c’est Paris la chance

Et le premier baiser

Reçu sous un portail

Et c’est Paris Romance

Et deux têtes qui tournent

En regardant Versailles

Et c’est Paris la France

 

Des jours que l’on oublie

Qui oublient de nous voir

Et c’est Paris l’espoir

Des heures où nos regards

Ne sont qu’un seul regard

Et c’est Paris miroir

Rien que des nuits encore

Qui séparent nos chansons

Et c’est Paris bonsoir

Et ce jour là enfin

Où tu ne dis plus non

Et c’est Paris ce soir

Une chambre un peu triste

Où s’arrête la ronde

Et c’est Paris nous deux

Un regard qui reçoit

La tendresse du monde

Et c’est Paris tes yeux

Ce serment que je pleure

Plutôt que ne le dis

C’est Paris si tu veux

Et savoir que demain

Sera comme aujourd’hui

C’est Paris merveilleux

 

Mais la fin du voyage

La fin de la chanson

Et c’est Paris tout gris

Dernier jour, dernière heure

Première larme aussi

Et c’est Paris la pluie

Ces jardins remontés

Qui n’ont plus leur parure

Et c’est Paris l’ennui

La gare où s’accomplit

La dernière déchirure

Et c’est Paris fini

Loin des yeux, loin du cœur

Chassé du Paradis

Et c’est Paris chagrin

Mais une lettre de toi

Une lettre qui dit oui

Et c’est Paris demain

Des villes et des villages

Les roues tremblent de chance

C’est Paris en chemin

Et toi qui m’attends là

Et tout qui recommence

Et c’est Paris, je reviens ! »  

Jacques Brel  1961

 

A Paris, en 1990, j’ai vécu une histoire d’amour-passion,  des allers retours Bruxelles-Paris avec des séparations déchirantes et de divines retrouvailles.

L’histoire dura à peine un an, le temps qu’une vilaine guerre du golfe nous sépare à jamais.

Mais je n’ai rien oublié de ce merveilleux amour, ne gardant désormais plus en moi que ce bonheur de l’avoir vécu. J’en ai même écrit un roman-biographie pour exorciser les souvenirs douloureux.

« Le ciel d’octobre ce matin est tout blanc. Allongée sur mon lit, je regarde les hordes d’étourneaux  traverser le ciel pour rejoindre les campagnes autour de Perpignan.

Cette nuit, après tant d’années  de silence et d’absence, tu es revenu hanter mes rêves. Est-ce prémonitoire ? Vas-tu sortir des brumes de l’absence, de ce désert d’amour où tu m’as laissée depuis novembre 1990, date fatidique de ton dernier message ?

Dans le jour gris, ivre de fatigue, je revois le film de notre incroyable histoire, de tous ces hasards qui nous ont rassemblés un jour sur un quai de gare à Paris Nord, un matin de printemps. Je revis aussi ce matin d’automne où j’ai quitté tes bras chaleureux gare de Lyon, un jour  triste de septembre.

Depuis, Paris a perdu tout son charme à mes yeux, elle draine mes souvenirs heureux, ma souffrance, ton absence…Paris a perdu sa magie, elle n’est plus que la ville de ma nostalgie. »

            © Brumelune / M.Peters /éd.manuscrit.com

 

Il y a les livres de Jacques Salomé, dans lesquels j’ai puisé des paroles apaisantes pour affronter mon mal vivre.

« Quand il y a le silence des mots,

se réveille trop souvent la violence des maux.

Mais il ne suffit pas de rompre le silence,

et de sortir du mutisme,

encore faut-il se sentir reçu, entendu et amplifié

lors de ses tâtonnements à mettre en mots.

Il faut  parfois bien plus de temps de temps encore,

pour qu’un mot devienne parole,

pour qu’il sorte des limbes de l’imaginaire

où il a été conçu et vienne ainsi au monde

dans le passage étroit et délicat

qui va de l’impression à l’expression

de l’ouverture de soi à la transmission à l’autre. »

« Parole à guérir » Jacques SALOME

***

J’ai depuis toujours posé sur le papier mes espoirs, mes révoltes, mes colères, mes émotions, mes bonheurs et mes plaisirs. Journal intime, poésie, roman, articles sur des forums, messages radio aussi pour dire et prendre position.

La douleur

Je la connais, c’est ma compagne

De mon cœur ou de mon corps

Jamais elle ne s’éloigne

Elle s’est vissée dans mes os

S’est logée à demeure

Dans mon fragile cœur

 

La douleur

Elle me sape, elle me bat

Me pousse vers l’au-delà

Elle rogne mon espérance

Sabote tous les traitements

Domine en permanence

Ce qu’il reste d’espace temps

 

La douleur

Celle qui se glisse

Quand les portes se ferment

Qui écharpe notre flegme

A violents coups de couteau

Qui s’attaque à nos certitudes

A nos joies, à nos finitudes

 

La douleur

Qui nous étreint dans la nuit

Celle qui nous mange les mots

Nous fait crier ou pleurer

Quand elle se fait trop intense

Celle qui se met au diapason

De notre intime déchéance.

 

            © La plume de la lune / M.Peters /éd.manuscrit.com

***

Et ces poètes magiques : Rimbaud, Verlaine, Mallarmé et Prévert qui m’ont donné dès l’adolescence le goût d’une poésie éclectique, moins figée dans les règles de la versification mais oh ! Combien plus émouvante.

 

« Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;

Mon paletot aussi devenait idéal ;

J’allais  sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;

Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

 

Mon unique culotte avait un large trou.

Petit poucet rêveur, j’égrenais dans ma course

Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse.

Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

 

Et je les écoutais, assis au bord des routes,

Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes

De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

 

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,

Comme des lyres, je tirais les élastiques

De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur ! »

 

Arthur RIMBAUD « Ma bohême »

 

***

Il y a Barbara, qui m’émeut tant encore à écouter sa voix prenante, ses chansons douloureuses qui résonnent si bien à ma propre histoire.

« Il pleut

Sur les jardins alanguis

Sur les roses de la nuit

Il pleut des larmes de pluie

Il pleut

Et j’entends le clapotis

Du bassin qui se remplit

Oh ! mon dieu que c’est joli

La pluie… »

« Il pleut »BARBARA

 ***

Et puis Benoîte GROULT, féministe et libertaire avec sa littérature douce amère qui me remet les pieds sur terre.

« Ce soir

J'ai appris qu'on pouvait mourir d'amour

Ce soir

J'ai compris qu'il y avait d'autres chemins que le mien

Et que la vérité était sortie du puits où je l'avais mise.

Une bonne nuit et il n'y paraîtra plus...

 

Je saurai de nouveau qu'il faut vivre à tout prix

Même au plus bas.

Qu'il ne faut pas s'attendre en ce monde au bonheur

Ni en l'autre d'ailleurs

Et qu'on doit le créer

De rien

Mais que la volonté, la bonne et la mauvaise

Si l'on sait en user

Tient lieu de bien des sentiments.

Qu'il vaut mieux demander le moindre sacrifice

A soi qu'à son amant.

On n'est jamais si bien servi que par soi même,

Ni si bien déçue que par celui qu'on aime.

 

Je saurai de nouveau la formule du bonheur

Pharmaceutique et infaillible

Et par là dessus

Un peu de poudre aux yeux

On ne guérit jamais que soi

Il faut noyer l'espérance comme un chat

Tout le secret est là.

 

Quant aux à peu près, aux compromis

Aux cheveux sur la soupe, aux coups de pouce

Aux coups de poignard dans le contrat

Aux "je ne t'avais rien promis",

Aux "je ne te demandais rien"

Aux rires jaunes, aux nuits blanches

Une bonne vie et il n'y paraîtra plus... »

 

Benoîte GROULT

 ***

Mais la vie est toujours plus forte, notre mémoire sélective atténue les souvenirs d’heures sombres pour ne conserver que tous ces moments forts d’émotion et de bonheur de notre existence, comme un album photos dont nous sélectionnons les meilleures poses pour conserver un espoir dans la vie.

 

« L’espérance…est la plus grande et la plus difficile victoire qu’un homme puisse remporter sur son âme »

Bernanos


Brel


Gezabelle dit :
Brava toi pour ce beau témoignage remplis de richesses a nous faire partager ,et continus de garder ce beau courage ,laches pas ,et que la vie te sois plus douce bye


posté il y a 119 semaine




Ajouter cette page à :  Ajouter cette page à Facebook  Ajouter cette page sur MySpace  Ajouter cette page à del.ico.us  Ajouter cette page à Google  Ajouter cette page à Netscape.  Ajouter cette page à Windows Live  Ajouter cette page à Yahoo Ajouter cette page à Ask.com  Ajouter cette page à Stumble.  Ajouter cette page à Digg.  Ajouter cette page à reddit.com  Ajouter cette page à NewsVine  Ajouter cette page dans Simpy


© 2003-2012 Amicalien.com, Tous droits réservés.
CONTACT | CONDITIONS D'UTILISATION | PUBLICITE | PARTENAIRES