Le blog de Kabry64
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Jean de LA BRUYERE publie en 1688 un petit livre au succès immédiat, Les Caractères, qui dresse,par des portraits et des réflexions, un tableau satirique de la société et de la Cour à l'époque de Louis XIV.
Ce portrait, on pourrait très bien le transposer de nos jours tant il est criant de vérité sur certains travers de la nature humaine.Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi ; c'est un homme universel
et il se donne pour tel : il aime mieux mentir que de se taire ou de paraitre ignorer quelque chose.
On parle à table d'un grand d'une cour du Nord : il prend la parole, et l'ôte à ceux qui allaient dire ce qu'ils savent ; il s'oriente dans cette région lointaine comme s'il en était originaire ; il discourt des moeurs de cette cour, des femmes du pays de ses lois et de ses coutumes ; il récite des historiettes qui y sont arrivées ; il les trouve plaisantes, et il en rit le premier jusqu'à éclater.
Quelqu'un se hasarde de le contredire, et lui prouve nettement qu'il dit des choses qui ne sont pas vraies.
Arrias ne se trouble point, prend feu au contraire contre l'interrupteur : "Je n'avance rien, lui dit-il, je ne raconte rien que je ne sache original : je l'ai pris de Sethon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu à Paris depuis quelques jours, que je connais familièrement, que j'ai fort interrogé, et qui ne m'a caché aucune circonstance."
Il reprenait le fil de sa narration avec plus de confiance qu'il ne l'avait commencée, lorsque que l'un des conviés lui dit : "C'est Sethon à qui vous parlez, lui même, et qui arrive fraichement de son ambassade."
Jean de la Bruyère, Les Caractères, De la société et de la conversation, 1688.
Bien sûr chacun trouvera chez l'autre le déviant , qui est vraisemblablement moi également .
Mais comme le disait BEAUMARCHAIS dens le Mariage de Figaro
« Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. »
Vous aurez remarqué que ceci figure dans une rubrique Rire et sourire et n'a de caractère polémiste
que dans les mots empruntés à LA BRUYERE.
Je vous laisse avec Georges CHELON qui sait mieux que tout autre faire chanter les mots !
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