Une nuit qui se lève, traquant les quais du port,
reluisent les chaluts aux teintes du couchant,
Les clapotis des vagues atteignent sans effort
La coque des bateaux... et s'apaise le vent !
A même les "rougeoyances" là-bas à l'horizon,
Le clocher crénelé pose sa silhouette
Et les pins parasols, sur les toits des maisons
Jettent leurs ombres noires...un instant je m'arrête !
Un oiseau griffe l'air d'un envol qui se froisse,
Les dunes effacées suspendent leur beauté
Dans la brume qui monte, et se terre l'angoisse
A l'idée du bonheur qui fonde la pensée !
Un regard aux étoiles dont je bois les lumières
Et je suis transportée dans les parfums marins,
De l'iode que j'aspire aux effluves de bruyères ,
Quel mystère trace l'aube d'ici jusqu'à demain ?
J'entends là mille bruits qui hantent le silence,
Mon esprit vagabonde sur la crête des lames,
Oublié du passé la douleur des offenses,
La paix de ce décor auréole mon âme !
Et , dans ce clair de lune qui se donne à la lande,
Le rêve avec la vie se sont enchevêtrés,
Mes illusions s'endorment et mes rimes attendent
La plume-réalité qui dira leur secret !