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Le 6 novembre 2009 à 11:14
Rubriques :
mille contes et histoires
SOUVENIR D'ENFANCE
LE RÊVE....
Un
jour la maîtresse d’école demanda aux élèves de
raconter leurs rêves...
Hélas ! Arthur ne se souvenait jamais de ses rêves.
Il avait beau essayer de fermer les yeux et d’y
penser très fort, rien n’y faisait. Il était
désespéré. D’autant que ses petits camarades
arrivaient bien à se souvenir.
-
Tu n’es qu’un paresseux, lui dit sa maîtresse,
allez fait un effort ! Et chaque soir, avant de
t’endormir, bois du lait chaud, tu verras tes rêves
viendront tout seul ! Le lendemain tu pourras nous les
raconter... Regarde Hector et Marius , ils savent me les
raconter !
Les deux élèves riaient et se moquaient d’Arthur.
- Je vais essayer, promit Arthur très tristement (comme
ils m’agacent Hector et Marius) pensa Arthur, je
parie qu’ils inventent leur rêve pour être bien vu
de la maîtresse. Ce soir j’irais vite au lit, je
prendrais un bol de lait chaud et je ferais travailler
mes méninges !
- Pourquoi vas
tu te coucher si tôt ? s’étonna sa maman, tu es
malade ?
- Non ! Il faut que je rêve, alors j’y vais !
- Mais les rêves ne sont pas sur commande,
s’inquiéta sa maman. Qu’est-ce que cette
histoire encore ? Tu me caches quelque chose, tu as une
mauvaise note ?
- Non maman ! je t’assure, il faut que je me
souvienne de mon rêve pour le raconter demain.
Et voilà
Arthur qui essaya de s’endormir et de rêver.
Hélas, le lendemain matin, au réveil les yeux
d’Arthur étaient encore remplis de sommeil mais pas
de rêve.
- Quel désespoir ! gémit-il, toute la classe va encore
se moquer de moi !
Effectivement, Hector raconta son merveilleux rêve, dans
lequel il était un chasseur de papillons, Marius était
un cheval magnifique...
- Si encore, j’avais rêvé que j’étais, moi
Arthur, ce petit garçon rouquin et malicieux qui gambade
dans la cour de récréation ? Même pas, rien, le
néant. J’ai le cerveau vide ! Sans rêve !
Pauvre Arthur ,
il se lamentait sur son banc et pleurait à n’en
plus finir.
Un arbre qui perdait ses feuilles, car nous étions en
automne, remarqua ce pauvre petit garçon qui pleurait.
- Arrête de m’arroser les pieds , lui cria
l’arbre , je vais devenir un saule pleureur ! Dis -
moi plutôt pourquoi tu as ce gros chagrin ?
- Je suis la risée de ma classe , car je suis incapable
de rêver.
- Hum ! C’est étrange , car tout le monde rêve !
Si tu essayais d’inventer un rêve cela marcherait
sans doute.
- Non ce serait un mensonge et c’est vilain de
mentir.
- Alors ! Dans ce cas débrouille toi ; moi je voulais
simplement te rendre service !
Au fond, pensa Arthur, l’arbre a peut être raison,
je vais inventer un rêve.
Il prit une grande feuille de papier et se mit à
écrire, au fur et à mesure qu’Arthur écrivait,
son imagination s’enflammait .
Il se mit à
écrire n’importe quoi et n’importe comment.
Ses phrases n’avaient ni queue ni tête. Par exemple
il écrivait :
" Aujourd’hui j’ai parlé à un arbre qui
en avait marre de me voir pleurer car mes larmes lui
arrosaient les pieds... Mais lui , il ne se rend pas bien
compte qu’il perd ses feuilles et qu’elles
m’agacent à tournoyer autour de moi !... ".
Je cherche un rêve, et je ne le trouve pas, rien ne se
pointe à l’horizon ! Rêve où es-tu ? Rêve
m’entends-tu ?
Arthur fit un
effort surhumain et se concentra au maximum pour inventer
un rêve. A ce régime, il fatigua vite son cerveau et
finit par trouver le sommeil. Il s’endormit
d’abord doucement, faiblement, puis de plus en plus
profondément.
Enfin, Arthur s’endormit à poings fermés, sur le
banc dans la cour de récréation.
Les feuilles de l’arbre continuèrent de tomber et
recouvrirent entièrement le corps d’Arthur. Soudain
le miracle se produisit Arthur se mit à rêver.
D’abord
des petites bulles éclatèrent devant ses yeux et
pénétrèrent dans sa tête. A ce moment le rêve prit
sa véritable ampleur.
Arthur était devenu un magicien vêtu d’une cape
lumineuse, il portait un chapeau claque. Avec sa baguette
magique il fit sortir trois colombes de son chapeau.
Ensuite sa cape se transforma en tapis volant, ce tapis
l’emporta dans les airs à la façon d’un
cerf-volant.
Il vola ainsi au dessus des montagnes et des océans. Il
écarquillait les yeux et regardait autour de lui. Les
arbres, les fleurs, les animaux et les enfants, volaient
comme Arthur. Il était entré dans le pays du rêve.
Le rêve est
une magnifique planète volante ou les parfums nous
enivrent , les couleurs nous émerveillent et les
musiques nous bercent.
Arthur se sentait léger comme une plume. A sa grande
surprise il vit Hector ; Marius et sa maîtresse
d’école, sur la planète du rêve.
- Comme ils sont beaux ? Regardez mes amis cria Arthur,
moi aussi je suis entré dans le monde. C’est un
monde merveilleux.
- Viens avec nous ! cria Marius, tu vas voir là-bas au
bout de ton rêve, il y en aura d’autres encore,
plus doux, plus merveilleux que les premiers.
- Sois le bienvenu dans le monde du rêve ! lui chanta
une petite fille qui volait.
- Tiens, pensa Arthur on dirait ma copine Stella ? Elle
aussi elle rêve ?
Pendant des
heures interminables, Arthur dormait sur son banc . La
maîtresse d’école essaya en vain de le réveiller
:
- "Arthur ! Réveille - toi , la classe est finie .
Tu vas avoir froid sur ce banc ? "
Rien n’y fit ,Arthur continuait de dormir et de
rêver .Il était parti dans son monde féerique avec ses
petits camarades de classe . Il voyageait par dessus les
villes, les villages, les plaines.
Il vit sa maman qui le félicitait car il venait
d’obtenir la meilleure note pour son devoir. Elle
lui donnait des confiseries et lui criait :
- Arthur ! Arthur ! réveille toi mon petit. En réalité
sa maman était inquiète. Elle avait fait venir le
docteur, car Arthur dormait depuis plus de trois jours.
- Voyez-vous, dit le docteur, Arthur ne semble pas
malade, il a l’air en bonne santé, ses joues sont
bien roses, regardez- le, il sourit !
- Oui, il sourit, mais il ne bouge pas beaucoup dit la
maman .
- Il respire normalement, rassura le docteur, s’il
est fatigué laissez le dormir.
Arthur
continuait de dormir et de rêver. Maintenant tous les
gens du village étaient inquiets, le curé, le
boulanger, le boucher, tous passèrent près
d’Arthur et le regardèrent dormir.
Cela fait trois mois qu’Arthur dort sur ce banc
recouvert de feuilles mortes. Il était devenu la
distraction du village.
- Il n’a
pas maigri , il est tout souriant et il semble en pleine
forme dit le docteur.
Personne ne pouvait réveiller Arthur , les rêves
l’avaient emporté si loin , si haut ......
Les saisons passèrent très vite , l’hiver était
fini et le printemps commençait à faire pointer les
bourgeons.
L’arbre avait perdu toutes ses feuilles, mais les
nouvelles toutes petites et toutes vertes poussèrent.
Les oiseaux chantaient sur les branches. Une légère
brise vint caresser la joue d’Arthur. Au contact du
froid Arthur bougea, s’étira sur son lit de
feuilles mortes et bailla à se décrocher la mâchoire.
De ses yeux ronds tout étonné , il regarda autour de
lui et se demanda combien de temps il avait dormi. Tous
les gens du village étaient autour de lui, le docteur,
le boucher, la maîtresse d’école, les élèves et
sa maman.
- Comme il est mignon ! s’étonna une petite fille ,
il est tout roux et tout ébouriffé !
- Alors Arthur ! lui dit gentiment la maîtresse
d’école, tu as passé un bon hiver ?
- Oh oui ! maîtresse et j’ai bien rêvé cette fois
- ci !
Les enfants se mirent à rire, Arthur ne comprenait pas
pourquoi les enfants riaient. Sa maman le savait et vous
le savez-vous ?
En réalité, Arthur était un petit écureuil tout roux.
Il s’était égaré dans la cour de l’école et
il avait choisi ce banc sous l’arbre pour passer
l’hiver.
Il avait entendu les enfants parler de leurs rêves un
jour de septembre à la rentrée des classes.
Voilà pourquoi depuis toujours les écureuils hibernent
. En vérité je vous le dis, ils rêvent...