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Le 4 aout 2011 à 07:53
Rubriques :
Peintres
Le monde de Sergio Cecotti est « un rébus, à la fois familier, à la fois indéchiffrable. Nous faisons partie du rébus ».
Personnellement je pense que nous en sommes les signes et peut-être les réponses (je dis bien : peut-être). Le monde de Sergio Cecotti est une énigme urbaine, sorte de film muet où « l’objet le plus banal devient mystérieux ».
Chaque toile du peintre raconte une histoire « (…) lui si habile à confondre réel et fiction, joue un rôle dans une œuvre littéraire ! Sa peinture déconcerte et noue des intrigues mettant des individus aux prises avec la ville. Ici un personnage solitaire écrasé par l’immensité urbaine ; là-bas une jolie femme en tenue de soirée fuyant par le rebord d’un immeuble quelque danger inconnu. Individus au bord du vide (…) A la manière d'un cinéaste, le peintre utilise souvent des lieux identifiables pour développer une fiction ou fixer une impression (…)Il s’agit non pas de regarder mais de voir le plus banal objet comme s'il pouvait enfermer une vérité.(…) Car le but est de susciter de troublants échos à travers l’apparence visible des choses. Là où d’autres préféreraient percer la réalité, le peintre nous laisse à l’extérieur comme on se heurterait à une vitre. »
D’après l’Extrait du Communiqué de Presse de l'exposition "Soupçon" (28/05/2009 - 31/07/2009) - Galerie Alain Blondel (Paris, France)
vidéo sur une musique de Renaud Santarelli
Sergio Ceccotti est un peintre italien né à Rome en 1935.
Après avoir étudié à l'Internationale Sommerakademie Salzburg (de) sous la direction d’Oskar Kokoschka, il suit les cours de dessin de l’Académie de France à Rome de 1956 à 1961.
Bien que considéré à ses débuts comme une héritier de Giorgio de Chirico, ses influences sont multiples : réalisme d’entre-deux guerres, surréalisme, pop, etc. Empreinte d’une mélancolie urbaine, son œuvre nous révèle une vision métaphysique, sociologique mais surtout mystérieuse du quotidien qu’il traite sur un mode proche du film noir.
A partir des années 1960, Ceccotti participe à plusieurs expositions en Italie et en France, notamment le salon de la Jeune peinture de 1971 à 1975. Des expositions muséales lui ont été consacrées à la Galleria Comunale d'Arte Contemporanea d’Arezzo 1987, au Upplands Konstmuseum d’Uppsala en 1993, à la Galleria d'Arte Moderna e Contemporanea d’Anticoli Corrado en 2004-05, au Cloître des Cordeliers de Tarascon en 2006 ainsi qu’au Centro Cultural Borges de Buenos Aires en 2010.
Ses gravures ont été publiées dans des ouvrages à tirage limité de poètes français et italiens comme Jacques Baron, Georges-Emmanuel Clancier, Jean-Pierre Biondi et Giorgio Vigolo.Il a également collaboré pour des illustrations et des couvertures de livres avec Philippe Soupault dont il réalisé le portrait.
Ses peintures sont présentées en permanence à la galerie Alain Blondel de Paris qui lui consacre une exposition tous les trois ans. Ses oeuvres figurent dans de nombreuses collections publiques et privées en Europe et aux États-Unis.
Sergio Ceccotti est également référencé dans le Bénézit (éd. française 1999, tome III, p. 397 et anglaise 2006, vol. III, p. 648) ainsi que dans le Allgemeines Künstlerlexikon (de), 1997 (vol.17, p. 446)
wikipédia
Thea dit :
je viens de découvrir cet artiste "urbain" en furetant sur le Nert.Il me fait songer à E. Hpopper, ce peintre Américain dont j'ai parlé ici; Même "désert", même "solitude" des personnages.Ici,un homme
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
en imperméable qui rentre chez lui tandis qu'un paysage d'îles et de cocotiers défile sur l'écran de la TV.Là, une femme allongée dehors sur sa terrasse tandis que la TV est allumée etc etc.
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
Monde urbain, monde-aquarium où les humains évoluent comme des poissons derrière les vitres; monde en apparence transparent mais terriblement cloisonné. S.Ceccotti peint notre univers comme les
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
artistes des siècles précédents peignaient le leur; je trouve intéressante sa démarche du quotidien, écrit et filmé qui soudain devient mystérieux.Le cinéma est né de la peinture d'ailleurs.
posté il y a 41 semaine
Sarayu dit :
j aime beaucoup ,tranche de vie ,coup d œil indiscret sur la vie des autres ,beau et surprenant a la fois ....bonne soirée Thea
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
tu dis juste, sara, "tranche de vie "sur le vif. Pas trop indiscret : les peintres d'autrefois saisissaient aussi leurs contemporains ds leur vie quotienne, ne l'oublions pas!!!. Très observateur,
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
à l'instar des cinéastes qui ne font pas autre chose non plus; là, ce sont des plans fixes qui s'apparentent à certaines séquences de films .
posté il y a 41 semaine
Nusch dit :
Une oeuvre référencée mais originale. Le regard est distancié sans être pessimiste comme il peut l'être chez Hopper. En commun, le thème de l'incommunicabilité entre les êtres.
posté il y a 41 semaine
Nusch dit :
Le mystère créé par "l'homme en imperméable" et la tonalité brune des intérieurs me rappellent certaines toiles d'Eduardo Arroyo, bien que dans un contexte différent (politique chez Arroyo).
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
moins sombre que le regard d'E. Hopper, oui, Nusch. L'incommunicabilité n'est pas traitée de la même façon du tout. Ici, le peintre nous livre le rébus que représente chaque être humain,à mon avis
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
et en même temps il nous invite à en trouver les clés.L'humain vu au microscope mais d'une façon moins désabusée que celle de Hopper qui ne lui laisse guère de chance :ex son clown seul ds le café
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
la nuit et les consommateurs, pitoyable et amer/ "L'homme en imperméable" est assez présent. Mystère et interrogation quasi métaphysique. L'isolement des personnages et des objets devenus personnages
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
est palpable et l'objet, quant à lui ,nous interpelle car nous le voyons autrement. Je pourrais en parler longtemps.
posté il y a 41 semaine
Nusch dit :
... oui, Thea... nous sommes spectateurs et ce que nous regardons n'est pas réjouissant... les personnes sont repliées sur elles-mêmes, elles ont l'air de douter du sens de leur vie...
posté il y a 41 semaine
Nusch dit :
... elles assument un rôle assigné, celui de maîtresse de maison, de musicienne, de passante... elles sont passives... Si l'homme vient de l'extérieur, les femmes rêvent d'un ailleurs sur leur balcon.
posté il y a 41 semaine
Nusch dit :
Dans certaines toiles, l'ennui règne. C'est peut-être un questionnement sur la vie de couple ? Tout est presque parfait, rien ne manque dans ces intérieurs, l'aisance est là mais il n'y a aucune vie.
posté il y a 41 semaine
Nusch dit :
La seule réelle présence est celle du temps qui passe et qui n'en finit pas de passer mais c'est un point de vue très personnel... sourire... Je te remercie de m'avoir fait connaître ce peintre.
posté il y a 41 semaine
Dipy dit :
Un peu de Vitriano pour figurer l'ennui? Cette nostalgie urbaine des romans noirs américains genre "The Black Dahlia"...?
posté il y a 41 semaine
Nusch dit :
... en effet, Dipy... le même désenchantement... l'insurmontable poids du réel, même factice ! car ces intérieurs sont vraiment des "décors", ils n'ont aucune matérialité.
posté il y a 41 semaine
Nusch dit :
Ils sont seulement les écrins protecteurs d'existences très banales. Même le monde extérieur (par l'intermédiaire des tableaux de chevalet) est un substitut !
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
C'est ça, Nusch, ce désenchantement généré peut-être par la vie de couple, car ts les couples saisis ainsi vivent à côté de leur vie, ils ne sont que des "personnages", des "habits"dans un décor
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
d'intérieur cossu où rien manque, sauf la... vie justement.Mon point de vue rejoint le tien.Cet a-midi, en ville, j'observais les passants comme d'hab', ds la foule mais seuls.Sujet à réflexions.
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
Effectivement Dipy, on retrouve le climat des romans noirs américains et de pas mal de films en noir et blanc, les plus forts.
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
Fragments de vie Phatrist, mais quelle vie... sans vraiment de bonheur ni de joie. Vie urbaine assez déshumanisée malgré les apparences de la réussite. Bien étudiée en tous les cas.
posté il y a 41 semaine
Danydijon dit :
il me semble qu'il y a un peu de souplesse, dans les mouvements des personnages, peut-être cela veut-il marquer la rigueur de leur vie, trop structurée,pas de chaleur humaine...enfin c'est ce
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
c'est le reflet de la société dans laquelle nous vivons, Dany, c'est un miroir. Chacun vit pour soi sans voir les autres. Cette rigueur-là est omniprésente.Seuls chats et chiens sont accueillants!!
posté il y a 41 semaine
Fleurchampetre dit :
Sa peinture est vivante , saisissable .On peut, presque, en la touchant, sentir les personnages et objets ... Je l'aime ... Merci Thea .
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
il y a de cela dans sa peinture, Fleur, c'est vrai. Elle nous renvoie à beaucoup de situations, de sentiments, de vécu passé, présent. J'ai l'impression de feuilleter un roman-photo qui pointe du
posté il y a 41 semaine
Thea dit :
doigt, avec objectivité, le mal dont souffre notre société centrée sur l'égo. Cette société-là est-elle réellement vivante ?
posté il y a 41 semaine