pourquoi je suis restée aussi longtemps éloignée de vous tous.
Il y a eu le départ de Doudou .
Au début on avance à l'aveuglette, abrutie de douleur, ahurie par ce qui arrive, on fonctionne à l'instinct comme un animal : on se réveille, on mange, on se couche, presque malgré soi on continue à vivre et les journées passent.
Puis il arrive un moment où on prend vraiment conscience de l'absence, du vide autour de soi, on a beau être entouré de sa famille on est seul, désespérément seul , sans moteur : une carcasse de voiture oubliée dans une cour de ferme. On se désintéresse de tout, des choses, des personnes : la vie n'a plus de sens .
Un matin pourtant on se réveille: la douleur est toujours là mais tapie plus profondément, comme endormie et on se rend enfin compte qu'il faut continuer à avancer ,seul ,mais avancer d'abord pour soi même, pour les autres, la famille, les amis qui ne vous ont pas lâché et surtout pour celui qui est parti.....parce ce qu'il était plein de courage et que ne pas vivre serait une lâcheté.
J'ai reçu tellement de vous tous : je ne vous ai pas oublié .