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FILLES d’OUVRIERS (Jules Jouy 1855-1897) par MICHELE BERNARD


Le 28 novembre 2011 à 05:09

Rubriques : Voix oubliées/ méconnues


Michèle Bernard (née le 26 octobre 1947 à Lyon) est une auteure, compositrice et chanteuse française que j’ai rencontrée à Nantes il y a quelques années. Elle s’accompagne à l’accordéon et j’ai aimé sa voix, parfois gouailleuse, parfois tendre. Elle chante les gens simples, les ouvriers entre autres. Elle intervient dans de nombreux stages et ateliers et organise au sein de l'association "Musiques à l'usine" un festival dans la Loire à Saint Julien Molin Molette.(source site Michelle Bernard)

Filles d’ouvriers :

Cette chanson, écrite par Jules Jouy (1855-1897), décrit une vie d'ouvrière semée de malheurs (viol, alcool, prostitution...) depuis son exploitation à l'usine ("chair à travail") jusqu'à sa déchéance physique ("chair à scalpel"). Véritable appel à la révolte, elle dénonce les conditions de vie des ouvrières et condamne le patron, le comparant au tyran Héliogabale, empereur romain dont le règne fut une suite de persécutions et qui finit assassiné par sa garde prétorienne.
C'est l'un des rares chants dénonçant la condition des femmes du milieu ouvrier au 19e siècle.

merci à : http://masculin-feminin.over-blog.fr/article-30350440.html

 







Filles d'ouvriers
Paroles : Jules Jouy

Musique : Gustave Goublier


Pâle ou vermeille, brune ou blonde,
Bébé mignon,
Dans les larmes ça vient au monde :
Chair à guignon !


Ebouriffée, suçant son pouce,
Jamais lavée,
Comme un vrai champignon ça pousse :
Chair à pavé !



A quinze ça rentre à l’usine,
Sans éventail.
Du matin au soir ça turbine :
Chair à travail !


Fleur des fortifs ça s’étiole,
Quand c’est girond,
Dans un guet-apens ça se viole :
Chair à patrons !


Jusque dans la moelle pourrie,
Rien sous la dent ;
Alors ça rentre en brasserie :
Chair à clients !


Ça tombe encore, de chute en chute,
Honteuse un soir,
Pour un franc ça fait la culbute :
Chair à trottoir !


Ça vieillit et plus bas ça glisse,
Un beau matin,
Ça va s’inscrire à la police :
Chair à roussins !


Ou bien sans carte ça travaille
Dans sa maison,
Alors ça se fout sur la paille :
Chair à prison !


D’un mal souffrant le supplice
Vieux et tremblant,
Ça va geindre dans un hospice :
Chair à savants !


Enfin, ayant vidé la coupe,
Bu tout le fiel,
Quand c’est crevé ça se découpe :
Chair à scalpel !


Patrons, tas d’Héliogabales !
D’effroi saisis,
Quand vous tomberez sous nos balles,
Chair à fusils !


Pour que chaque chien, sur vos trognes,
Pisse à l’écart,
Nous laisserons sur vos charognes :
Chair à Macquart !

 




Thea dit :
La semaine dernière, lors d'une soirée consacrée à Gaston Couté (1880/1911) chansonnier et poète libertaire de Montmartre, cette chanson fut interprétée par Roland Brou, chanteur breton/celtique/


posté il y a 443 semaine


Thea dit :
français acompagné à l'accordéon diatonique par Patrick Couton. Me suis souvenue que Michèle Bernard l'a enregistrée et j'ai plaisir à la remettre ici. Une partie de mes racines est ouvrière.Je salue


posté il y a 443 semaine


Thea dit :
avec respect la "Fleur des fortifs". Photos : ouvrières d'usine dont celles du Havre en 6.Merci aux visiteurs et amis fidèles.


posté il y a 443 semaine


Giorgino dit :
Merci Théa . . . . . .


posté il y a 443 semaine


Thea dit :
Ces femmes, GG, sont les vraies héroïnes du quotidien.


posté il y a 443 semaine


Nusch dit :
Une vie condamnée dès la naissance...


posté il y a 443 semaine


Thea dit :
Il est dur d'y échapper, Nusch. J'ai souvenir plus proche, ds mon enfance, de ces femmes qui travaillaient ds les usines à poisson Amieux ou conserveries Cassegrain et Cie.Les femmes de paludiers


posté il y a 443 semaine


Thea dit :
avaient une vioe rude aussi mais vivaient au grand air. Cependant bcp d'entre elles devaient aller à l'usine en +.Et celles qui ramassaient les coques sur les plages, par ts les temps et les


posté il y a 443 semaine


Thea dit :
revendaient de village en village, et petites villes, poussant leurs lourdes remorques ou les tirant avec leurs vélos !!Femmes qui faisaient la lessive chez les particuliers, en + encore. Etc.


posté il y a 443 semaine


Nusch dit :
Merci Thea...


posté il y a 443 semaine


Thea dit :
dès que j'aurai un peu de temps, Nusch, je ferai qq recherches sur ces femmes du peuple, courageuses et restées dans l'ombre.Il y a des ouvrages sur le travail de ces femmes-là. Une expo est prévue.


posté il y a 443 semaine


Kabry64 dit :
Très belle chanson Théa que l'on pourrait qualifier de peinture sociale, d'un temps où encore plus, la condition ouvrière était foulée au pied . Merci pour ce bel hommage aux sacrifiées!


posté il y a 443 semaine


Thea dit :
J'aurais pu le classer ds les chants de révolte mais Michèle Bernard est méconnue. Le duo rencontré à la soirée la connaissait. Ce n'est pas G.Couté,à qui on rendait hommage , qui en est l'auteur mais


posté il y a 443 semaine


Thea dit :
les siennes sont de la même eau et mettent le doigt là où ça fait mal!! Il reprenait des airs à la mode pr dénoncer injustices et misère sociales.Prochaine programmation:conserveries pays guérandais!


posté il y a 443 semaine


Danydijon dit :
Merci théa de cette découverte.... cela n'a guère changé.....


posté il y a 443 semaine


Thea dit :
Dany, les circonstances, les façons d'être portent un autre nom mais c'est la même mentalité à tous les niveaux : l'homme et la société faite par l'homme régressent beaucoup.


posté il y a 443 semaine






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