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BRUNO GANZ, des « Ailes du désir » à « La Chute » un monstre sacré européen


Le 21 février à 04:59

Rubriques : ENTRACTE


On croyait l’ange Daniel des Ailes du désir immortel, et puis il nous a quittés...

De lui nous retiendrons ces deux visages opposés qu’il a su traduire :

- l’aile blanche, douceur et tendresse, de l’ange Daniel, dans Les Ailes du désir

- l’aile noire, glaçante, d’un Hitler dans La Chute dont, a-t-il dit, il lui aura fallu du temps pour « perdre » Hitler

Tant d’autres visages ont parsemé son riche parcours d’artiste exigeant d’une grande modestie. Sa filmographie est impressionnante. La vidéo en donne un aperçu.

Au revoir M. GANZ.

 

Pour blog  et Illustration  compo perso : détenteur de copyright inscrit : http://www.copyrightdepot.com/cd47/00000000.htm; Tous droits réservés

Crédit photos : /Consequence of Sound /Daily Express /La Cinémathèque française /sniprie

 







Bruno Ganz était un ange qui avait joué Hitler. L’un des deux anges des Ailes du désir de Wim Wenders, qui veillent sur Berlin et leurs habitants en recueillant leurs pensées, deux ans avant la chute du mur. Il était un ange, et à ce titre immortel et cependant il est mort à Zurich, la ville de sa naissance, un samedi d’hiver ensoleillé sur l’Europe, à 77 ans, d’un cancer. Les ailes lui allaient bien et sur lui, elles n’avaient rien de mièvre, car il avait la grâce, un sourire discret et ironique, une présence imposante qui ne s’explique pas, le sens du silence. On ne se serait pas risqué à le déranger pour le flatter, et on supposait que lui-même n’avait jamais été flagorneur, peut-être parce qu’on l’avait vu sur la grande place du festival de Locarno recevoir un grand prix en parodiant en allemand la fameuse et virulente diatribe antihonneur de l’écrivain autrichien Thomas Bernhard. Il faisait partie de ces acteurs qui n’ont pas besoin d’en faire beaucoup, pour exister entièrement devant une caméra ou sur scène. Ne pas en faire beaucoup ne signifie pas ne rien faire, mais savoir rendre visible l’imperceptible, l’intériorité d’un personnage, ses peurs et ses failles, comme s’il retournait un gant.

On regarde sa filmographie et on remarque qu’elle ne contient quasiment que des films marquants, des choix qui dessinent non seulement une époque, mais aussi par contre coup, un portrait en creux de celui qui a imposé sa chance, hasard ou décision, les deux se confondant parfois. La marquise d’O de Rohmer, l'Ami américain de Wenders, Dans la ville blanche d’Alain Tanner, la Femme gauchère de Peter Handke, le Faussaire de Volker Schlöndorff ou un peu plus tard l’Eternité et un jour de Théo Angelopoulos : c’est fou à quel point Bruno Ganz a attiré, plutôt dans les années 70 et 80, les personnages solitaires et voyageurs, en proie à un déchirement intime. En 1977, dans l’Ami américain, de Wim Wenders, d’après un roman de Patricia Highsmith, il est l’inoubliable Jonathan Zimmermann, qui, apprenant qu’il souffre d’une maladie incurable, accepte le deal d’un trafiquant de tableaux et est emporté dans une errance de Hambourg à New York, en passant par le métro parisien, où il est traqué. Le thriller se double d’une quête existentielle, comme souvent les rôles de Bruno Ganz.

Le cinéma vint pourtant après le théâtre, qui fut sa première grande affaire, son «pays natal» ou «heimat» disait-il, de sa jeunesse. En effet, avec les metteurs en scène Peter Stein, Klaus-Michael Grüber, les actrices Edith Clever et Jutta Lampe, il fit partie de ceux qui refondirent la scène théâtrale à Berlin en transformant la Schaubühne, en un phare utopique à la lumière vibrante. Le collectif s’impose des règles, qui sont aussi celles des espoirs issus de soixante-huit. Même salaire pour tous, décision commune quant au choix des pièces et à la marche du théâtre. Interdiction pour les acteurs de jouer ailleurs. L’intensité est telle qu’elle est fatalement réduite dans le temps. Bruno Ganz quitte la troupe en 1976, après cinq ans de palpitants élans. Il part quand l’enthousiasme s’émousse, ainsi que les principes. Quitter la Schaubühne, c’est donc perdre un pays, mais se rendre disponible pour le cinéma.

Comment devient-on acteur, quand on est né dans une famille où les scènes et les écrans n’existent pas? Quelle étincelle allume le feu ? Vers seize ans, Bruno Ganz devient ami avec un opticien qui éclaire en amateur le plateau du théâtre principal de Zurich. L’adolescent s’y rend un soir, puis tous les soirs. Il est pris d’une évidence : il est acteur, mais il est le seul à le savoir. Il s’inscrit à des cours, toujours au théâtre de Zurich. Sa détermination ne laisse place à aucune résistance. Un peu plus tard, il apprend l’allemand en rejoignant une troupe d’acteurs à Göttingen. Barbara est là, il fait partie des étudiants qui transportent son piano, confie-t-il à Libération. Il zone, fait des petits boulots pendant trois ans. Rêve de nouveau d’être acteurs. Écrit des lettres à des metteurs en scène et l’un d’entre eux lui répond. C’est Peter Zadek, qui lui propose de venir chez lui passer une audition. Et qui l’engage comme acteur et assistant, après l’avoir entendu dans le Prince de Hambourg. 

Bruno Ganz et Heino Ferch dans la Chute en 2004Bruno Glanz. La Chute, 2004.Photo Rue des Archives

Il faut attendre 2004 pour que Bruno Ganz atteigne soudain une nouvelle notoriété après avoir joué le rôle d’Hitler dans La chute, un film de Bernd Elchinger qui montre les douze derniers jours du IIIe Reich et qui remporte en Allemagne un énorme succès. On lui reproche alors de rendre Hitler «humain», comme si le mal n’était pas une question humaine. L’effort consiste à s’approcher de sa façon de parler mais bien sûr aussi bien sûr, d’entrer dans son idéologie et de sa folie contaminatrice, et toujours à Libération, l’acteur dit qu’il lui a fallu beaucoup de temps pour «perdre» Hitler.

L’un de ses derniers rôles au théâtre fut des retrouvailles avec le metteur en scène Luc Bondy, à l’Odéon, dans le Retour de Harold Pinter où Ganz joue de nouveau une ordure, mais amusante. Micha Lescot, qui jouait son fils, se souvient de sa douceur et de sa tendresse. «J’étais très intimidé d’être face à lui, et dès notre première rencontre pendant les répétitions, je devais l’insulter et lui me battre. Il pouvait aller très loin dans la violence, sans jamais me faire jamais mal. Et tout de suite après, on se prenait dans les bras.» Un jour, Micha Lescot oublie le rituel. «Il me l’a reproché comme un manquement grave. On s’était frappé, insulté, comme si de rien n’était, comme si cela ne nous engageait pas.» Bruno Ganz, qui dans le dernier Lars Von Trier, The House that Jack Built jouait un nouveau Virginle conduisant Matt Dillon dans les terrifiants cercles de l’Enfer, était vraiment un ange. On le verra peut-être bientôt dans le nouveau film de Terrence Malick, Ragehund, qui pour l’heure et compte tenu de la personnalité de son auteur, n’a pas de date de sortie. Un point final à une filmographie exceptionnelle. 

Anne Diatkine

https://next.liberation.fr/cinema/.../le-grand-acteur-suisse-bruno-ganz-est-mort_


Thea dit :
Il nous a quittés... Arte lui a consacré sa soirée de mercredi.Il disait combien le rôle d'Hitler l'avait marqué longtemps, ce qui ne nous étonne pas. Je n'ai pu, et j'ignore pourquoi, mettre ici


posté il y a 13 semaine


Thea dit :
la photo des Ailes du désir qui illustre l'article de Libé. Seule est passée celle La Chute. Mystère. Un acteur à la filmographie impressionnante, théâtre et cinéma confondus. Au revoir M.GANZ


posté il y a 13 semaine


Sapience dit :
Je ne connaissais pas du tout cet acteur Théa. grâce à toi je suis allée jire tout ce que je trouvais sur lui en plus de ce que j'ai appris par ton beau partage. Je te remercie de tout coeur http://www.amicalien.com/membres/ind


posté il y a 13 semaine


Sapience dit :
Je suis allée LIRE évidemment


posté il y a 13 semaine


Giorgino dit :
Merci Théa poue cet hommage rendu a ce Grand Artiste . . .


posté il y a 12 semaine


Thea dit :
Sapience, je connaissais son nom et eon visage quand sortirent les deux films, "Les Ailes du désir", si poétique, si doux, si tendre, (1987) et "La Chute" (2004). Je les avais un peu oubliés et son


posté il y a 12 semaine


Thea dit :
décès me les a remémorés immédiatement. Comédien(théâtre) et acteur (cinéma) de grand talent: une personnalité bien trempée qui se donnait à fond dans ses rôles. Un véritable artiste !


posté il y a 12 semaine


Thea dit :
je suis heureuse, Sapience, de te l'avoir fait découvrir. Je te souhaite une excellente soirée


posté il y a 12 semaine


Thea dit :
Merci de ton passage, GG. Excellente soirée à toi également et aux visiteurs de passage sur bateau-blog.


posté il y a 12 semaine






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